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Pourquoi la moto et le scooter sont-ils tant ignorés pendant la semaine de la mobilité ?

FEBIAC, la fédération belge et luxembourgeoise de l’automobile et du cycle, regrette que dans le débat sur la mobilité et la recherche de solutions, la moto et le scooter soient totalement négligés. Pourtant, il y a là un potentiel important immédiatement exploitable sans subside supplémentaire ni investissement complémentaire dans les infrastructures.

Evidemment, FEBIAC soutient toute initiative visant à favoriser les transports doux et les possibilités de combinaison : à pied, à vélo, en transport public, ou selon une combinaison intelligente. Il est également important que les concepts d’économie partagée reçoivent le soutien nécessaire. Néanmoins, pour Stijn Vancuyck, conseiller deux-roues motorisés, « il est incompréhensible qu’un des moyens de transport les plus évidents – à savoir les scooters et les motos – soit complètement ignoré. Malgré tous les reportages détaillés effectués dans le cadre de la Semaine de la Mobilité, les avantages et les possibilités des deux-roues motorisés ne sont pratiquement jamais mis en lumière. »

Il fait référence ici :

  • au rôle évident des deux-roues motorisés en tant que solution partielle ;
  • à l’impact limité des deux-roues motorisés sur l’environnement ;
  • à la sécurité routière accrue et à la baisse du nombre d’accidents corporels parmi les deux-roues motorisés ;
  • aux aspects financiers intéressants des deux-roues motorisés (péage et budget mobilité, fiscalité);
  • à la faible ‘pression’ qui pèse sur les deux-roues motorisés pour trouver une place de stationnement

Le rôle évident des deux-roues motorisés en tant que solution partielle

Les Belges sont attachés à leur voiture. Mais ils cherchent avant tout un moyen de transport qui les amène rapidement de porte-à-porte, sans embouteillage, ni perte de temps en cas de transport combiné, ni problèmes de parking. Pour les distances courtes, la marche et le vélo restent les solutions logiques. Mais dès que les distances dépassent les 5 km, tous les autres modes n’ont aucune chance de réaliser un déplacement plus fluide qu’une moto ou un scooter. De plus, le transport public atteint sa capacité maximale et les voyageurs manquent du confort nécessaire pendant les périodes de pointe.

L’étude « Navetteurs en moto : une analyse d’impact » (2011) de Transport & Mobility Leuven avait déjà montré scientifiquement que les deux-roues motorisés avaient un rôle important à jouer dans le démêlage du nœud routier : si 10 % des automobilistes optaient pour une moto ou un scooter pendant les périodes de pointe, la longueur des files diminuerait de 40 %, tout comme le nombre d’heures perdues.

Ce type de véhicule peut se parquer partout aisément sans créer de nuisance. Ceci implique aussi l’absence de trafic lié à la recherche d’une place de parking. Remonter les files est inscrit dans le code de la route et ne semble pas avoir été une source d’accident ces dernières années.

Environnement

Les deux-roues motorisés sont-ils dès lors ignorés en raison de considérations environnementales ? Ces véhicules ne connaissent pas le trafic classique start-stop pendant les périodes de pointe comme c’est le cas pour les voitures et tournent rarement au ralenti. Un scooter de 125 cc qui est surtout utilisé en ville et dans le trafic domicile – lieu de travail, consomme moins de 3 litres. De plus, le nombre de véhicules électriques a augmenté, entre 2014 et 2016, passant de 178 à 368 unités (+ 106 %).

Sécurité routière

Le politique craint-il de voir les accidents se multiplier s’il promeut l’utilisation des deux-roues motorisés ? Le nombre d’accidents corporels touchant des motards a baissé de 22 % entre 2006 et 2016, un recul aussi important que celui du nombre de victimes sur la même période. Le nombre de morts a chuté de 44 %. La baisse chez les cyclomotoristes est encore plus importante entre 2006 et 2016 :

  • Nombre d’accidents : – 33 % ;
  • Nombre de victimes : – 34,5 % ;
  • Nombre de morts : – 67 %.

 

Dès lors qu’il y a de plus en plus d’usagers qui utilisent le vélo, le nombre total d’accidents et de victimes dans ce groupe est à la hausse. Ceci n’empêche toutefois pas les politiciens de promouvoir le vélo. Si davantage de deux-roues motorisés circulent, on peut s’attendre là aussi à une augmentation du nombre d’accidents. Mais grâce à une plus grande présence dans le trafic quotidien, les automobilistes tiendront également mieux compte des motards : safety by numbers.

Péage et budget mobilité

Evidemment, la Semaine de la Mobilité est aussi l’occasion de discuter à nouveau du péage comme solution aux embouteillages. FEBIAC propose que les deux-roues motorisés paient un tarif plus bas, voire nul, étant donné qu’ils n’engendrent aucune file, ne mettent aucune pression sur le nombre de places de stationnement et ne causent pas non plus de dégâts au revêtement routier.

Le budget mobilité peut pousser des gens à opérer un choix plus réfléchi entre les différents modes de transport en fonction du déplacement à effectuer pour leur travail. Un tel budget offre aussi des opportunités pour les deux-roues motorisés. C’est ainsi qu’une partie du montant peut être affecté à l’utilisation d’une moto ou d’un scooter en cas de bonnes conditions climatiques, et au transport public par exemple quand il pleut.

Intéressant fiscalement

Souvent, les gens ne sont enclins à adapter leur comportement que s’ils sont stimulés en ce sens, et de préférence financièrement. Le secteur de la moto ne réclame cependant pas aux autorités de moyens supplémentaires. Les possibilités existent d’ores et déjà :

  1. Les motos et les scooters jusqu’à 250 cc sont exemptés de la taxe de circulation annuelle.
  2. Les coûts liés au trafic domicile – lieu de travail et les déplacements professionnels en moto sont 100 % déductibles de l’impôt sur les personnes (achat de la moto et de la tenue, essence, entretien, assistance,…)
  3. Les avantages fiscaux pour les voitures électriques sont très limités. Les 2, 3 et 4 roues électriques sont les seuls véhicules qui peuvent encore bénéficier d’une réduction d’impôt fédérale (réduction d’impôt de 15 % sur la valeur d’achat d’une moto avec un maximum de  3.010 €). De plus, une moto électrique est exemptée de la taxe de circulation annuelle et seul le tarif de base de € 61,50 est d’application pour la TMC.

Villes et communes

FEBIAC plaide aussi pour de meilleures possibilités de stationnement réservées aux motos et scooters dans et autour des centres-villes afin d’encourager ainsi l’utilisation des deux-roues motorisés. Actuellement, les deux-roues motorisés sont traités en parents pauvres du stationnement : il y a peu de places de parking spécifiques pour les motos et les scooters et tous les parkings n’autorisent pas, loin s’en faut, les motos et les scooters. Stijn Vancuyck, conseiller deux-roues motorisés de FEBIAC, indique aussi que deux à trois motos ou scooters peuvent occuper la place d’une seule voiture, ce qui rend plus intéressante l’exploitation du mètre carré en cas de parking payant.

Heureusement, certaines villes proposent déjà des places de parking spécifiques pour motos et scooters. Et sur autoroute, des stations-services réservent des places distinctes aux motos et scooters. Avec l’augmentation des zones à trafic restreint et des boucles de circulation dans les villes, le nombre de parkings park & ride et périphériques augmente aussi. Stijn Vancuyck demande que l’on y prévoie des équipements où les motards et utilisateurs de scooters peuvent ranger leurs casques et mallettes en toute sécurité pendant leur tour en ville.

#WeAreMobility

FEBIAC a organisé, les 16 et 17 septembre, le #WeAreMobility Tour à Bruxelles pour permettre à un public aussi large que possible, et dans des conditions de sécurité optimale, de découvrir les nouvelles solutions de mobilité urbaine. Outre les moyens individuels traditionnels de se mouvoir comme la voiture, la moto, le scooter et le vélo, toute une gamme de produits et services pour la mobilité urbaine ont été élaborés ces derniers mois. Ces produits originaux peuvent collaborer en harmonie avec les moyens de transport classiques individuels pour rendre beaucoup plus efficaces les déplacements quotidiens des citadins et des navetteurs. Les monocycles, hoverboards, trottinettes électriques, cyclomoteurs électriques et/ou à partager ne sont que quelques-uns des nombreux éléments de mobilité qui convainquent de plus en plus d’utilisateurs.

Les services qui utilisent ‘Mobility as a Service’ ont également le vent en poupe et permettent aux utilisateurs de louer des véhicules électriques ou thermiques (scooters et voitures) pour des distances courtes ou moyennes en ville. Evidemment, FEBIAC a promu son programme Start2Ride afin de convaincre davantage de personnes de choisir un deux-roues motorisé.

Source: Febiac

 

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