La naissance du motocross

Que les belges savent rouler en motocross, tout le monde le sait depuis longtemps. Avec pas moins de 43 titres mondiaux individuels, notre pays détient un palmarès bien étoffé dans ce sport.

Le Motocross est un sport 100% Belge. Enfin, en ce qui concerne le nom. En fait voici la marche des choses ; dans les années 20, quelques pilotes moto Anglais commencèrent à expérimenter avec leur motos. A cette époque il n'y avait aucun autre circuit que l'anneau de Brooklands (dans le comté de Surrey) sur le territoire britannique. La loi britannique interdisait toutes courses sur les routes publiques. Pour contourner cette interdiction, l'ACU (la fédération motocycliste britannique) prit la décision d'organiser le TT sur l'île de Man. Mais évidemment, pas mal de motards restaient du coup sur leur faim et commencèrent à organiser des courses tout-terrain eux-mêmes. Le résultat de ceci fut les courses de « fiabilité » (le précurseur de notre enduro d'aujourd'hui et les « scrambles ».

Ces scrambles se déroulaient sur des terrains accidentés et les pilotes prenaient des départs individuels. Les motos n'étaient que des motos de route « adaptées ». Peu après on commença à organiser des courses de « terrain » aux Pays-Bas.

Au début des années 30, la Belgique était une des nations les plus importantes dans les courses de vitesse. Des marques comme Saroléa et FN donnaient le ton dans le championnat d'Europe. En plus des courses de vitesse, on essayait aussi de briser des records de vitesse. On le faisait dans la rue et plus particulièrement à Bonheiden, sur la route nationale entre Malines et Heist-Op-Den-Berg.

Malgré tout, pas mal de pilotes belges ont pris à l'époque la voie du sport tout-terrain. Un d'entre eux était le Louvaniste Jacques Ickx. Ickx était un membre du « Motor Union Louvaniste » et a réussi à enthousiasmer les autres membres pour une course de terrain. Au début, la FMB ne voulait rien savoir, mais Ickx allait quand même réussir à convaincre la fédération.

Aussitôt dit aussitôt fait. Le 11 mars 1934, un « Motocross Brabançon » fut organisé pour la première fois aux Zoete Waters d'Oud-Heverlee. Il s'agissait d'une « course de vitesse tout-terrain ». Même si cette course portait déjà le prédicat « motocross », on prenait encore le départ individuellement. Néanmoins, nous pouvons considérer cette date comme celle de naissance du motocross. Une appellation qui était utilisée d'ailleurs pour la première fois. Elle provient probablement de « cross-country », le terme anglais et français pour des courses à pied dans les champs.

Plus tard dans le courant de cette année, le destin frappait toutefois le sport de vitesse Belge. Eric Haps et Leopold Demeuter allaient décéder des suites d'accidents au Grand Prix d'Allemagne au Sachsenring. Ils étaient tous les deux les pilotes d'usine de la FN. Ce jour maudit fut probablement un moment charnière dans l'histoire du sport moto belge. Dès ce moment, beaucoup allaient progressivement se tourner vers le motocross.

Ce ne fut qu'en 1939 qu'on allait prendre les départs en groupe dans les motocross. Ici aussi on peut parler d'évolution belge. La même année se courait le premier championnat de Belgique de motocross, qui était remporté par Jacques Ickx en personne. Mais Jacques Ickx était aussi un journaliste actif et surtout inventif. En 1939 déjà, il dictait ses textes par téléphone depuis les lieux de courses.

Le nom Ickx vous dit probablement quelque chose ; Jacques n'était personne d'autre que le papa de Jacky.

Le motocross allait se répandre rapidement dans tout le Brabant, et plus tard partout dans le monde.

Mais ça, c'est une autre histoire.