Histoire

Ci-dessous vous trouverez un extrait du livre d’histoire de la FMB retraçant l’histoire de la FMB publié à l’occasion de son cinquantième anniversaire en 1962.

Les temps héroïques

rally
La Fédération Motocycliste de Belgique a été fondée en 1912, mais on pratiquait le sport motocycliste dans notre pays bien avant cette année-la. Déjà avant 1900, des motos dignes de ce nom avaient fait leur apparition en Belgique et dés le début du siècle actuel, il s’était créé une industrie motocycliste prospère. Des noms qui devaient devenir célèbres firent alors leur apparition. En 1902-1903, on construisait déjà des F.N. et des saroléa à Herstal. A Anvers, on produisait des Minerva, un autre nom qui devait être universellement connu, mais dans le domaine de l’automobile. En ces temps lointains, chose a peine croyable pour celui qui a connu la suprématie britannique d’entre les deux guerres, plusieurs marques anglaise équipaient leurs machines de moteurs importés de Belgique

Qu’était donc la moto à cette époque? Elle présentait encore beaucoup de points communs avec la bicyclette, dont elle dérivait. Cadre, roues, selle et… suspension ressemblaient aux mêmes éléments du vélo, mais en plus robuste évidemment. A côté d’autres caractéristiques proprement inimaginables pour ceux qui pilotent nos merveilles de mécanique actuelles, le moteur comportait un dispositif dont on saisira aisément la cocasserie : le graissage était assuré par une pompe a main placée sur le côté du réservoir et que le conducteur devait actionner à la main de temps en temps.

Ces motos étaient lourdes, bruyantes et manquaient de confort. Certaines d’entre elles avaient une transmission à courroie. Les malheureux qui ont conduit des machines ainsi équipées prenaient encore un air lugubre, vingt ans après, pour évoquer tous les mauvais tours que ces courroies leur avaient joués. Elles se trouvaient en effet à l’air libre et en cas de pluie, se mettaient à patiner diaboliquement dans la gorge des poulies de transmission. De plus, elles avaient une fâcheuse tendance à se déformer.

Mais, c’est surtout le réseau routier qui laissait é désirer. Le revêtement des routes était constitué soit par des pavés soit par du macadam. A l’heure actuelle, ce dernier terme est utilisé abusivement pour désigner une chaussée en béton. Le vrai procédé macadam consiste a mélanger e la pierraille avec de la terre, à arroser abondamment et à passer le tout au rouleau compresseur; L’asphalte n’était utilisé que pour le revêtement de quelques boulevard importants dans les grandes agglomérations, ou l’on trouvait aussi des pavés en bois ( la rue Neuve, à Bruxelles, notamment ).

Donc, le motocycliste rencontrait ou bien des pavés, et il était abominablement secoué, ou bien des routes empierres selon le procédé décrit ci-dessus, et il y connaissait le cauchemar de la boue par temps humide, de la poussière par temps sec, des nids de poule en tous temps. La poussière était quelque chose d’infernale. Seuls les rideaux de fumée employés pour masquer certains assauts, au cours de la deuxième guerre mondiale, peuvent donner une idée de la poussière que soulevait le passage d’une moto et surtout d’une auto. Et ces nuages mettaient un temps infini à se dissiper. En se rabattant au sol, ils déposaient sur les brindilles d’herbes des accotements, une couche de poussière qui avait toutes les apparence du givre, et les malheureux piétons, parfois obligés de marcher sur ces accotements, se couvraient à leur tour d’une épaisse couche de poussière.

Et ce n’est pas tout. Presque tous les véhicules étaient traînes par des chevaux Or, ces animaux avaient la fâcheuse habitude de perdre les clous de leurs fers. Les charrettes des paysans, mal entretenues et bringuebalantes, laissaient elles aussi tomber force clous sur les chaussées. Et tous ces clous, presque toujours tordus, avaient la forme idéale pour se redresser au passage d’une roue et s’enfoncer dans des pneus qui étaient loin de vouloir ceux d’aujourd’hui.

Glissons enfin sur les innombrables pannes qui surprenaient le motocycliste le plus soigneux de sa mécanique.

N’écoutez donc pas ceux qui disent que ce temps-là, c’était le bon temps ! Il fallait être animé par le feu sacré pour faire de la moto dans de telles conditions. Pourtant, des “ mordus “ ont eu confiance en cet engin qui, avec l’auto, et bientôt avec l’avion, devait révolutionner notre genre de vie. Non seulement ils avaient confiance, mais ils étaient animés par un enthousiasme merveilleux et , disons-le, par un véritable amour de leur machine. Ils entretenaient avec des raffinements de soient qui feraient sourire aujourd’hui L’un démontait son moteur et polissait toutes les pièces à la main jusques et y compris l’intérieure des canalisations. Un autre ne prétendait utiliser que de l’huile de ricin pure. Un autre encore transformait, brassait, soudait et consacrait à ce travail le plus clair de ses loisirs.

C’est grâce à ces motocyclistes de la première heure, a leur ténacité et a leur foi inébranlable dans l’avenir de la moto, que l’on en est arrivé à produire aujourd’hui des machines qui sont des merveilles de légère, de maniabilité et de confort.

FONDATION DE LA F.M.B EN 1912

Le sport motocycliste a quasiment pris naissance en même temps que la moto elle-même. Le terrain était tout préparé par l’engouement du public pour le sport cycliste. Les jeunes gens de la meilleure société bourgeoise ne dédaignaient pas de disputer des courses cyclistes ( à la vive réprobation de leurs très dignes familles, il est vrai), et ils passèrent, le plus naturellement du monde, aux courses motocyclistes.

Des clubs ne tardèrent pas à se créer en vue d’organiser ces manifestations. Pendant longtemps, ils sont restés peu nombreux (une demi-douzaine, peut-être), mais on ne s’explique cependant pas, aujourd’hui, comment il a pu se faire que, dans un pays comme le nôtre, où les sociétés foisonnent et se groupent en de puissants organismes nationaux, comment donc ces clubs motocycliste n’aient pas eu le réflexe de s’unir dés le début en une fédération nationale. Pour tant, des fédérations motocyclistes avaient déjà vu le jour dans plusieurs pays et elles s’étaient même groupées en une Fédération Internationale des Clubs Motocyclistes (F.I.C.M), dont la dénomination a été changée depuis pour devenir Fédération Internationale Motocycliste (F.I.M).

En l’absence d’une fédération belge reconnue, la F.I.C.M. avait délégué les pouvoirs sportifs à l’automobile Club de Belgique (qui n’étais pas encore Royal), et celui-ci à son tour, avait chargé de la gestion du sport motocycliste un Comité Mixte composé de membres du dit automobile club et de la ligue Vélocipédique belge, qui, elle à régenter le sport motocycliste. Comme bien on pense , ceux ci pratiquaient effectivement ce sport n’ont supporté qu’avec impatience cette tutelle, qui s’exerçait d’ailleurs sans efficacité. Au point que chaque club avait son propre règlement des courses, notamment en ce qui concerne la classification et l’équipement des machines. Il en résultait des discussions et même d’un club allaient disputer une épreuve organisée par un autre groupement

En mai 1912, quelques sportsmen liégeois réunis à Spa à l’occasion d’une épreuve motocycliste; s’avisèrent qu’il était temps de mettre fin à cette anarchie. On se mit à l’oeuvre pour réaliser cet objectif, et le 7 décembre 1912 , la Fédération motocycliste de Belgique était créée au cours d’une réunion tenue à Bruxelles. Un accord intervint avec l’Automobile Club et la ligue Vélocipédique en vue de créer un comité mixte chargé de régir le sport motocycliste et composé de six membres désignés par la F.M.B quatre par L’A.C.B. et quatre par la L.V.B

Notons ici les noms des clubs fondateurs:

-Moto clubs Liégeaois:

-Moto club d’Ostende et du litoral

-Auto moto club Bruxellois ( qui changae nom par la suite et devint l’Union motoriste de Bruxelles

-Moto club Verviétois

-Auto Moto club du Hainaut:

-Moto Club d’Angleur.

Le tout premier président s’appelait Pecqueur. Dés le 19 janvier 1913. Le comité et remanié. Le nouveau président est le Liégeois Oscar Guillot. Nous devons avoir un souvenir reconnaissant pour cet homme dévoué qui mit toute sa ténacité au service de la F.M.B naissante

11 mars 1934 : naissance du motocross

Que les belges savent rouler en motocross, tout le monde le sait depuis longtemps. Avec pas moins de 43 titres mondiaux individuels, notre pays détient un palmarès bien étoffé dans ce sport.

Le Motocross est un sport 100% Belge. Enfin, en ce qui concerne le nom. En fait voici la marche des choses ; dans les années 20, quelques pilotes moto Anglais commencèrent à expérimenter avec leur motos. A cette époque il n'y avait aucun autre circuit que l'anneau de Brooklands (dans le comté de Surrey) sur le territoire britannique. La loi britannique interdisait toutes courses sur les routes publiques. Pour contourner cette interdiction, l'ACU (la fédération motocycliste britannique) prit la décision d'organiser le TT sur l'île de Man. Mais évidemment, pas mal de motards restaient du coup sur leur faim et commencèrent à organiser des courses tout-terrain eux-mêmes. Le résultat de ceci fut les courses de « fiabilité » (le précurseur de notre enduro d'aujourd'hui et les « scrambles ».

Ces scrambles se déroulaient sur des terrains accidentés et les pilotes prenaient des départs individuels. Les motos n'étaient que des motos de route « adaptées ». Peu après on commença à organiser des courses de « terrain » aux Pays-Bas.

Au début des années 30, la Belgique était une des nations les plus importantes dans les courses de vitesse. Des marques comme Saroléa et FN donnaient le ton dans le championnat d'Europe. En plus des courses de vitesse, on essayait aussi de briser des records de vitesse. On le faisait dans la rue et plus particulièrement à Bonheiden, sur la route nationale entre Malines et Heist-Op-Den-Berg.

Malgré tout, pas mal de pilotes belges ont pris à l'époque la voie du sport tout-terrain. Un d'entre eux était le Louvaniste Jacques Ickx. Ickx était un membre du « Motor Union Louvaniste » et a réussi à enthousiasmer les autres membres pour une course de terrain. Au début, la FMB ne voulait rien savoir, mais Ickx allait quand même réussir à convaincre la fédération.

Aussitôt dit aussitôt fait. Le 11 mars 1934, un « Motocross Brabançon » fut organisé pour la première fois aux Zoete Waters d'Oud-Heverlee. Il s'agissait d'une « course de vitesse tout-terrain ». Même si cette course portait déjà le prédicat « motocross », on prenait encore le départ individuellement. Néanmoins, nous pouvons considérer cette date comme celle de naissance du motocross. Une appellation qui était utilisée d'ailleurs pour la première fois. Elle provient probablement de « cross-country », le terme anglais et français pour des courses à pied dans les champs.

Plus tard dans le courant de cette année, le destin frappait toutefois le sport de vitesse Belge. Eric Haps et Leopold Demeuter allaient décéder des suites d'accidents au Grand Prix d'Allemagne au Sachsenring. Ils étaient tous les deux les pilotes d'usine de la FN. Ce jour maudit fut probablement un moment charnière dans l'histoire du sport moto belge. Dès ce moment, beaucoup allaient progressivement se tourner vers le motocross.

Ce ne fut qu'en 1939 qu'on allait prendre les départs en groupe dans les motocross. Ici aussi on peut parler d'évolution belge. La même année se courait le premier championnat de Belgique de motocross, qui était remporté par Jacques Ickx en personne. Mais Jacques Ickx était aussi un journaliste actif et surtout inventif. En 1939 déjà, il dictait ses textes par téléphone depuis les lieux de courses.

Le nom Ickx vous dit probablement quelque chose ; Jacques n'était personne d'autre que le papa de Jacky.

Le motocross allait se répandre rapidement dans tout le Brabant, et plus tard partout dans le monde.

Mais ça, c'est une autre histoire.